Interview sur l’exposition Video Games and Music : « Replacer la culture musicale vidéoludique dans un paysage plus large  » 

Video Games and Music  : La musique dont vous êtes le héros est une exposition visible du 2 avril au 1er novembre 2026, à la Philharmonie de Paris.

Cette exposition permet de découvrir la musique de jeux vidéo sous un angle culturel et ludique innovant. 

Un  demi-siècle d’évolution technologique au service des jeux vidéo qui s’est imposé comme un phénomène mondial. De l’orchestre symphonique au bips électroniques, découvrez un champ artistique musical aussi foisonnant que créatif. 

“Inspirée par la structure des jeux vidéo, l’exposition se déploie comme un monde ouvert, invitant chaque visiteur à choisir sa progression à travers un paysage dynamique mêlant son, musique et jeu.

Entrée de l’exposition

L’espace s’articule en plusieurs thématiques, chacune proposant modules et stations interactives. Une vingtaine de jeux jouables sont déployés tout au long d’un parcours enrichi d’artworks, de consoles, d’instruments, de photographies et de contenus audiovisuels.

Bienvenue dans l’exposition dont vous êtes le héros.” Et pour en savoir plus, découvrez l’interview de Fanny Rebillard, musicologue et archiviste numérique.

Fanny Rebillard

(Ndlr : Voir le making of du livre sur le site de Fanny Rebillard)

Making of
Making of

L’objectif n’est pas uniquement de parler de musique de jeu vidéo sous l’angle historico-technique, mais de replacer la culture musicale vidéoludique dans un paysage plus large. D’où son nom « Video Games & Music ».

La scénographie de VGM

Des équipes de la Philharmonie, qui sont sans cesse en recherche de nouveaux sujets et de nouveaux publics.

Nous avons d’abord travaillé en cercle restreint pendant un an pour définir la direction et les intentions du projet (commissaires et équipe-projet du service des expositions). Puis nous sommes passés sur une longue phase d’écriture et de réalisation en collaboration avec les ayant-droit, les scénographes, graphistes, vidéastes etc.

De nombreux jeux jouables

Tout d’abord celles de l’espace d’exposition, qui fait 800m² mais a plein de particularités qui ont influencé la mise en scène et la gestion du bruit. Ensuite, évidemment, les contraintes budgétaires. Il y avait aussi celle des ayant-droit, de la disponibilité technique des objets que l’ont voulait exposer. Mais il fallait aussi prendre en compte les exigences muséales en terme de contextualisation des contenus et de gestion des jauges (limitation du temps de jeu), ce qui a beaucoup influencé l’écriture et les choix curatoriaux.

Du Retro-gaming

Il est difficile de tous les lister, mais je mentionnerai tout de même Ubisoft, dont l’aide et la disponibilité des équipes a permis plusieurs réalisations très poussées, tant dans l’exposition qu’en dehors.

Time-Line sonore sur Assassin’s Creed Shadows
Dessin préparatoire pour Rayman

Ce n’est pas de notre ressort, il y a un service consacré à ça à la Philharmonie. De notre côté, nous avons essayé de favoriser les jeux à la prise en main accessible, en favorisant, quand c’était possible, le jeu à plusieurs. Il y a également eu un gros de travail de réécriture et de vulgarisation pour mettre à la portée d’un maximum de personnes certains contenus techniquement complexes.

Ludique et convivial

Représenter tout et tout le monde est impossible dans un tel espace, nous avons donc essayé de mettre en avant plusieurs thématiques, périodes et figures différentes pour donner un aperçu de la pluralité du sujet. Ensuite, l’obtention des autorisations, mais aussi la disponibilité physique des objets chez les éditeurs et préteurs a, dans certains cas, beaucoup joué.

Personnellement, j’ai du mal à choisir. Mais les 16 portraits exposés à la fin du parcours représentent un peu les « irréductibles » qui nous semblaient incontournables et accessibles.

Koji Kondo, Yoko Shimomura, Hirokazu Tanaka, Chris Hulsbeck
Yuzo Koshiro, Nobuo Uematsu, Rob Hubbard, Motoi Sakuraba
Olivier Derivière, Jessica Curry, Manaka Kataoka, Disasterpeace
Jesper Kyd, Christophe Héral, Lena Raine, Inon Zur

Les séries Zelda et Pokémon pour ma part.

Cette exposition n’a pas été pensée que pour les joueuses et les joueurs. En la réalisant, on a plus cherché à répondre à la question de la place qu’occupe la musique dans ce média, et de ses croisements parfois insoupçonnés avec les autres médias,  où l’on trouve autant Beethoven que la culture internet. 😉

Interview de Fanny Rebillard (par Aurélien Montero) :

La musique dans le jeu vidéo :

Crédits photos : Sortir à Paris, Philharmonie de Paris


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